DU TEMPS

Récemment, on m’a fait un cadeau. Inestimable !

Du temps ! On m’a offert du temps. Et pourtant…

On continue de me l’offrir pendant quelque temps encore.

Du temps ! Tu te rends compte, tu as du temps ! Tout ton temps.

Certes, c’est appréciable. Et pourtant…

Un cadeau ne dure jamais longtemps.

Un cadeau se doit d’être éphémère.

Il procure de la joie sur l’instant, au moment présent.

Puis, tout naturellement, le plaisir s’efface avec le temps.

On passe à autre chose.

J’aimerais passer à autre chose aussi. Et pourtant…

L’ennui ne fait pas partie de ma vie.

Il ne s’est jamais invité dans mes journées.

Maintenant non plus. Même avec ce temps offert.

Je sais l’exploiter ce temps, je sais l’utiliser à bon escient.

Et pourtant…

Je devrais me réjouir !

Tout ce qui attend depuis longtemps

Ne va plus durer longtemps.

Enfin !

Du temps pour prendre son temps aussi.

Enfin ! Et pourtant…

Je ne suis pas satisfaite.

J’ai mal. Pour eux, pour elles.

Ce temps que l’on m’offre,

Je le trouve indécent.

Il n’est pas venu tout naturellement.

Il est indécent parce que, en contre partie,

Des gens souffrent,

Des gens pleurent,

Des gens meurent.

Et moi, j’ai du temps. Illégitime, ce temps.

Il me met mal à l’aise.

Je ne peux m’y faire

Tant que, eux, les soignants

Par manque de temps

S’essouffleront

Tant que, eux, les soignants

Par manque de tout

 Mourront aussi.

Je ne l’aime pas ce temps.

Alors, je cherche la lumière autour de moi :

la Nature renaît, insouciante,

Les oiseaux chantent

Et je me dis que dans quelque temps,

Dans pas si longtemps,

Nous aurons tous moins de temps.

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Ces mots dédiés à ma maman me sont venus, un jour, au petit matin. Elle nous a quittés quelques jours après.

LA MARELLE

Troubles cognitifs liés à l’âge.
La petite cellule familiale, pas plus grosse qu’un muffin coupé en quatre, écarquille les yeux. 
Jamais, avant la chute. Tout au plus des pertes de mémoire, comme tout le monde. Alors, elle pointe du nez la morphine, la déshydratation et l’environnement : l’hôpital perturbe les personnes âgées, c’est bien connu. 
Et puis, la bonne nouvelle arrive. Les os se consolident, elle pourra marcher à nouveau. Elle réintègre son chez elle. Un assistanat est mis en place.
De fait, la vie reprend son cours. Mais plus comme avant. Elle déambule, hésitante. Elle déambule et s’impatiente. Elle déambule et oublie. Des noms. Des prénoms. Comme tout le monde, non ? reprend une des parts du muffin. Plutôt comme une vieille dame qui joue à la marelle et qui saute une case, répond, lucide, une autre part. 
De temps en temps. Plus souvent que parfois. 
Hâte d’atteindre le Ciel ?
Puis, entre mots choisis et paroles perturbées, ce constat :
- Personne vient me voir ?
Si. A dose très homéopathique. 
La petite cellule familiale excuse : 
- les gens ont perdu quelque chose de précieux : le temps. Chacun tente de s’organiser suivant ses obligations et aussi, ses envies.
Son regard qui refuse de l’admettre. Elle, qui a consacré tant de temps à visiter les malades. Elle qui s’est investie pour rendre des solitudes plus douces.
Une année s’est écoulée. Formidable !
Une année pour s’enliser. 
La vieille dame vit alitée maintenant. A l’horizontal pour toujours. Le sommeil joue à la marelle avec ses pensées incohérentes. Une case pour grignoter, une pour sommeiller. Une case pour divaguer, une pour refuser de comprendre.
Hâte de gagner le Ciel ?

L’INSPIRATION

 

Ecrire.

Avoir envie d’écrire. Aimer écrire. Avoir besoin d’écrire.

Oui, mais quand ?

De bon matin, lorsque la maison est encore endormie ? Le soir, tard, jusqu’à empiéter largement sur la nuit ? Pendant les vacances ? Après une journée de travail ? En catimini au bureau ? Uniquement le week-end ?

 

Et comment s’y prendre ?

Faut-il privilégier l’ordinateur pour la rapidité de saisie qu’il offre ? Ou bien le crayon qui glisse sur la feuille de papier pour un plaisir indicible ?

 

La feuille.

Qu’elle se noircisse de caractères d’imprimerie ou de mots hâtivement formés au stylo, elle est le support d’histoires en tous genres. Des histoires romancées, des histoires pour faire rire ou pour faire pleurer, des histoires pour s’interroger, des histoires sur le passé, sur demain, des histoires au présent.

 

Alors, c’est facile d’écrire ?

Il suffit d’inventer une histoire ? Ou bien de s’inspirer d’un fait réel ?

 Ou bien…..  Ou bien, il suffit de…. enfin de….

Il suffit d’avoir de l’inspiration. Ça y est, le mot est lâché.

L’inspiration.

Comment naît-elle ? En sommes-nous tous pourvus ?

Qui n’a pas ressenti l’angoisse de la page blanche ?

 

La source d’inspiration inépuisable et à portée de tous est la vie !

 Elle offre des situations à profusion : un regard échangé avec un inconnu dans la rue, une émission dont on ne retient qu’une voix, un film avec l’éloquence d’une larme, un article dans un magasin, la couleur d’une fleur, les nuances du ciel un soir d’été ou sous l’orage menaçant, les senteurs d’un champ de lavande qu’on devinent en regardant une photo, une affiche publicitaire etc. 

 A l’écrivain de les manier pour créer des histoires. Mais faut-il les voir, les ressentir. Ce n’est pas toujours le cas. Il faut pour cela être en mode écriture, c’est-à-dire être dans de bonnes dispositions pour transformer ce que l’œil voit, ce que l’oreille entend. Savoir adapter une scène, une remarque pour faire naître une histoire et la faire évoluer.

 

L’écriture, un exutoire ?

Oui, parfois.

On dit que la colère n’est pas bonne conseillère mais cependant, source d’inspiration.

Mais l’exprimer, la détourner dans un environnement différent de celui qui l’a suscité peut devenir un exutoire. Dans ce cas, elle permet d’oser s’affranchir de certaines réflexions par l’intermédiaire d’un personnage.

 

L’introspection.

  Lorsque l’écrivain accepte de confier les fissures de sa vie, ses états d’âme, cela peut donner naissance à des autobiographies poignantes, humoristiques.

 

Enfin, j’ai envie de vous dire que la plus belle source d’inspiration est l’amour, mais ne le saviez-vous pas déjà ? Je vous vois sourire. Qui sait ? Votre sourire va peut-être m’inspirer une histoire ….. d’amour !

 

Association Vendéenne des Auteurs Ecrivains  VENT DES LETTRES

www.vent-des-lettres.com

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Oup, j'ai changé de sens ! 

Je suis maintenant

VAILLANT-GOBIN

pour que le nom de mes parents perdure à travers mes livres.

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Mes mots s'expriment

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DU TEMPS

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Mon premier conte pour enfants

CAPUCINE

illustré par Gaby Guicheteau

artiste peintre

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LA MARELLE

dédié à ma maman

dans Mes mots s'expriment

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